[./index.html]
[./les_faits.html]
[./13_septembre_1882.html]
[./14_septembre_1882.html]
[./15_septembre_1882.html]
[./rapport_de_gendarmerie.html]
[./rapport_de_brigade.html]
[./rapport_au_prefet.html]
[./les_archives.html]
[./avis_de_naissance.html]
[./avis_de_deces.html]
[http://www.laviergedelalande.fr/LA%20VIERGE%20DE%20LA%20LANDE%202009/album/]
[./carte.html]
[./formulaire.html]
[mailto:postmaster@laviergedelalande.fr]
[http://www.rosaire-de-marie.fr/best_music_video_jesus_christ_god_holy_virgin_mary.htm]
[./modele.html]
[./telechargements_fichiers.html]
[Web Creator] [LMSOFT]
Copie du journal PHARE DE LA LOIRE du vendredi 15 septembre 1882

Texte sur les miracles de la Lande

  
  • Comment se fonde un pélérinage

Dans une petite ville du grand-duché de Bade, de l’autre côté de la Forêt Noire, à Donaueschingen, on montre dans la cour du château, à gauche en entrant, un simple jet d’eau qui retombe en murmurant dans une vasque circulaire. Ce filet d’eau, qui semble au premier abord sans importance, mérite pourtant d’être remarqué. En effet, grossi peu à peu par d’autres filets d’eau, qui, pris isolément, n’ont pas non plus d’importance sérieuse, il devient cours d’eau, puis fleuve modeste, puis enfin, fleuve grandiose portant de nombreux navires et réunissant des pays divers : ce simple jet d’eau de Donaueschingen, c’est le Danube.
De même les pèlerinages qui jouissent aujourd’hui de la plus grande vogue, ont eu des débuts insignifiants ou même de mauvais augure. A-t-on déjà oublié que les apparitions de la Salette  qui occupe la cour de Grenoble et qu’il leur a été rendu à leur égard un jugement qui devait dévoiler à tout jamais la supercherie ? Le nombre des imbéciles et des hypocrites est si grand que la Salette n’en jouit pas moins d’une grande faveur.
Qui peut jamais dire, quand commence une chose qui frappe la bêtise humaine, de quelle manière elle finira ? Parfois celles qui s’annoncent comme ayant le plus de chances de durée ne parviennent pas à se soutenir, tandis que celles qu’on eut pu croire condamnées dès l’origine, se montrent vivaces et deviennent les plus prospères.
¨Peut-être le lieu de pèlerinage qui se crée aujourd’hui très modestement sur la frontière des deux plus catholiques provinces de France, La Bretagne et la Vendée, aura-t-il un jour l’importance de ceux qu’ont fait naitre les apparitions de Mlle Latherlière à la Salette et de Mme Papillon dans la grotte de Lourdes. Tout est possible en présence de la sottise humaine. Toutefois, il faut reconnaître que Lourdes et la Salette ont sur la Lande une supériorité pittoresque incontestable : ces sanctuaires fameux sont dans d’admirables situations. C’est autant à,titre de partie de plaisir qu’à titre de pèlerinage que l’on s’y rend. Nous ne sommes plus au temps où les pèlerinages avaient le caractère d’une souffrance expiatoire que l’on s’imposait volontairement. Ils sont aujourd’hui une forme particulière de la villégiature. On s’y rend en train de plaisir, et une fois à destination, on y vit de la vie paresseuse et agréable des villes de bains ! Lourdes et Bagnères ne sont pas loin l’un de l’autre et l’on pourrait se tromper de séjour sans s’en douter. C’est la même vie de dissipation et d’insouciance !


Ed. Champury