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Les faits de la LANDE

1882 – 1883

Saint-Colomban (Loire Atlantique)
 
******

Ils  se déroulèrent en les années 1882 – 1883, au village de la Lande, commune de Saint-Colomban, Loire Atlantique.
Le chemin et le champ qui furent témoins de ces faits se situent à la limite même des deux départements de Loire Atlantique et de Vendée.
Un chemin boueux, tout à ornières, reliait le champ des Calleries à la route nationale. Un long détour s’imposait pour arriver d’abord au village de la Lande (ou l’on voit encore, telle quelle, la maison natale de la voyante, Marie Lorteau), le traverser, et prendre le chemin qui aboutissait au champ ou une statue de Notre Dame, érigée est toujours entourée de fleurs et d’ex-votos nombreux.
Cette difficulté d’accès qui paraissait insurmontable, malgré les pourparlers nombreux, s’est tout d’un coup résolue, en 1981, à la veille même du centenaire. Une large route, partant de la nationale, conduit directement à la statue de Notre Dame, érigée dans le champ des Calleries.



Le village de la Lande en 1882

Il comprenait de nombreux feux, avec des maisons orientées en tous sens, et autour, des fumiers, paillers, hangars, écuries, Il y fallait marcher en gros sabots, tant la boue s’y faisait épaisse dès la première pluie. Les familles possédaient juste quelques hectares et un peu de vigne. On vivait de ses récoltes, de l’élevage des porcs et volailles, de légumes et de fruits, souvent avec une famille nombreuse. On s’estimait heureux de pouvoir joindre les deux bouts ! En 1882, il y avait quand même plus de misère que de richesse au village de la Lande.



La famille Lorteau

Le père et la mère de Marie Lorteau étaient de braves gens, chrétiens et pauvres. Ils eurent cinq enfants : trois garçons et deux filles. Le père, Jean Lorteau n’était point un méchant homme. Sa Mère Philomène Legeais était une femme de tête et de cœur, travaillant sans arrêt, à la maison, aux champs, tard dans la nuit aux raccommodages. Elle n’avait aucun loisir, mais apprenait à ses enfants la prière, le chapelet, et à ne jamais mentir. Plus que dans les autres foyers de la Lande. Il y avait en celui-ci une grande misère, portée ensemble, dont on ne parlait pas, par fierté familiale.



Marie Lorteau, la voyante

Née au village de la Lande, baptisée en l’église de Saint-Colomban, le 11 Mai 1874, elle y fera sa Première Communion et y reçut la confirmation, au cours de l’année 1885. Pendant sa retraite de communion elle logea et coucha à la Mouchetière, demeure de la famille de la Robrie.
Marie Lorteau ne se distinguait en rien des fillettes de son âge. D’une santé fragile, due peut-être à une nourriture trop frugale, elle fréquentait plus ou moins l’école, trop éloignée. La lande étant à l’extrême pointe de la paroisse de Saint-Colomban, à part les principaux actes religieux : baptêmes, communions, sépultures, mariages, les gens du village assistaient à la messe du dimanche à Geneston, paroisse toute proche, ce qui n’était pas sans indisposer quelque peu le curé de Saint-Colomban, Monsieur l’abbé Tardivel.
Que pouvait-il sortir de bon de ce village de la lande ?



C’est alors que commencent les faits :

En 1882, un jour de printemps, Marie Lorteau qui gardait le troupeau avec sa sœur Angèle, vit venir une grande Dame par le chemin de la lande.
" Oh ! Angèle, regarde donc la grande Dame qui vient par le chemin de la lande " 
Il y avait un genévrier dans le fossé, à la moitié du champ. La Dame s’y est arrêtée là. Angèle avait cinq ans ; elle ne vit rien mais pris de peur, s’enfuit.
Les gens revenaient de cueillir des cerises quand on annonca dans le village : "Marie Lorteau a vu la Sainte Vierge dans le chemin de la lande"
Ce qui situerait l’évènement vers la fin-mai ou juin 1882.



Le document sur les faits de la lande

Ce document est établi en foi de notes, prises au jour le jour, écrites par d’autres mains que celles de Marie Lorteau.
Ce document original, écrit sur un simple cahier d’écolier est incomplet et a subi de grands dommages. Au cours des années, de nombreuses pages ont été ou enlevées, ou séparées, ou perdues. Ce qui reste du cahier, réduit sans doute au quart le récit complet des faits. Mais il en livre l’essentiel.


Quelques remarques :

A travers le document original, plusieurs points sont à dégager
  
  • Marie apparaît avec son fils, comme mère de Jésus, mère de Dieu                     
  • L’enfant Jésus affirme à deux reprises :
            • " Je suis Dieu. Je juge. "   
            • " Je juge tout le monde. "                              
  • Insistance sur la prière : Il faut toujours prier. Chapelet ; cantiques.         
            • Prier pour les pêcheurs.   
            • Prier pour la France.
            • On ne prie pas assez.                                              
  • Insistance sur la pénitence : Pénitence ! pénitence ! pénitence !     
  • Larmes de l’enfant Jésus. Larmes abondantes de la mère de Dieu.          
  • "la petite fille (Marie Lorteau) baise la main de la Sainte Vierge et la Sainte Vierge a souri. "                                                    
  • "la Sainte Vierge lui fait baiser les pieds de son fils. "                        
            • Faut-il qu’il vienne ici que les gens du village ?         
            • La Sainte Vierge répond : "tout le monde"     
                            


Quelques dates :
  
  • Lundi 19 novembre 5 heures du soir
            • La petite fille : si vous êtes Satan, ne revenez jamais ici
            • La Sainte vierge    : approchez. N’ayez pas peur. Je suis la Sainte Vierge. La Saint Vierge dit toujours de prier.                 
  • mardi 20 novembre 5 heures du soir                                                        
            • la petite fille : ma Bonne Mère, faut-il dire le chapelet ?
            • la Sainte Vierge : oui. Et il faut chanter.      
               
  • jeudi 23 novembre (erreur de date) 11 heures du matin                        
            • la petite fille : ma Bonne Mère , aurons nous longtemps du mauvais temps ?
            • la Sainte Vierge : un peu de temps.                            
  • vendredi 24 novembre 5 heures du matin                                            
            • la petite fille : si vous êtes Satan, retirez-vous. Si vous êtes la Sainte Vierge, approchez.
            • La Sainte Vierge s’est approchée.                               
  • samedi 25 novembre 11 heures du matin                                            
            • la petite fille : ma Bonne Mère, je désirerais bien embrasser les pieds de votre fils
            • la Sainte Vierge lui a fait embrasser, et l’Enfant Jésus a béni.                     
  • lundi 27 novembre 5 heures du soir                                                             
            • la petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi ne m’accordez-vous
 pas ce que je vous demande ?
            • la Sainte Vierge : il faut prier pour les pécheurs et pour la
 France                                                       
  • vendredi 1 décembre 5 heures du soir                                                         
            • la petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi venez vous ici ?
            • la Sainte Vierge : je viens de la part de Dieu ; Mon fils est-il
 fâché avec son peuple.
            • La petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi votre fils est fâché ?
            • La Sainte Vierge : le monde est trop méchant.                                  
  • dimanche 3 décembre 11 heures du matin                                                      
            • la petite fille : ma Bonne Mère, convertissez les pécheurs.
            • La Sainte Vierge a pleuré et n’a pas répondu.
            • La petite fille : ma Bonne Mère, qu’avez-vous a pleurer ?
            • La Sainte Vierge : le monde est trop méchant.
            • La petite fille : …quelles prières faut-il faire ?
            • La Sainte Vierge : réciter le chapelet.
            • La petite fille : que demandez- vous ?
            • La Sainte Vierge : des prières pour les pécheurs.                   
  • mardi 5 décembre 11 heures du matin                                                         
            • la petite fille dit à l’Enfant Jésus de faire du beau temps.
 L’Enfant Jésus a pleuré.
            • La petite fille : qu’avez-vous a pleurer ?
            • L’Enfant Jésus a dit : le monde est trop méchant.                                      
  • jeudi soir 7 décembre                                                              
            • La petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi me dites- vous toujours de pour la France et pour les pécheurs ?
            • La Sainte Vierge : le monde prie bien, mais pas assez.
Il faut toujours prier.                                    
  • vendredi soir 8 décembre                                                        
            • La petite fille : … (mots effacés) Un miracle ?
            • La Sainte Vierge : il faut prier pour la France et pour les
pécheurs. Tu diras au monde de prier. Le monde prie, mais pas assez. Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Le bras de mon fils est si lourd que je ne puis le porter !                                          
  • du 8 au 13 décembre, mêmes questions, mêmes réponses.               
  • mercredi 13 décembre à 5 heures                                                      
            • La petite fille a vu l’Enfant Jésus avec une médaille qui était marquée dessus : " VIVE JESUS" et un cœur par le milieu                                       
  • vendredi 15 décembre à 13 heures                                            
            • La petite fille a montré tous les chemins de croix. La petite fille a montré la huitième station.
            • La petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi les filles d’Israël pleurent-elles ?
            • La Sainte Vierge : parce que Jésus va mourir sur la croix.
            • La petite fille : comme les juifs ont-ils fait pour vous crucifier ?
            • L’Enfant Jésus a étendu ses deux bras.                                    
  • lundi 18 décembre 5 heures du soir                                                        
            • la petite fille a montré un tableau de Notre Seigneur. Ma Bonne Mère, quel est ce tableau ?
            • la Sainte Vierge : c’est Dieu et sa couronne d’épines.
  
  • Samedi 23 décembre 5 heures du soir                                                        
            • La petite fille : guérissez- les affligés.
            • La Sainte Vierge : il faut prier.
            • La petite fille : quelle prière faut-il faire ?
            • La Sainte Vierge : des chapelets.
            • La petite fille s’adressant à l’Enfant Jésus : Est-ce- vous qui êtes né dans une étable ?
            • l’Enfant Jésus : oui
            • la petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi venez- vous ici ?
            • la Sainte Vierge : je viens pour dire au monde de prier
            • la petite fille : quelle prière faut’ il faire ?
            • la Sainte Vierge : réciter des chapelets et chanter des cantiques.                                              
  • Mardi 26 décembre 16 heures                                                          
            • La petite fille a montré un chapelet. L’Enfant Jésus en a montré un plus beau.
            • La petite fille a salué la Sainte Vierge. La Sainte Vierge l’a Salué aussi.                                  
  • Mercredi 27 décembre  5 heures du soir                                                   
            • L’Enfant Jésus lui a montré un beau bouquet. La Sainte Vierge avait un beau chapelet blanc- gris.             
  • Jeudi 28 décembre 5 heures du soir                                                        
            • La petite fille : ma Bonne Mère, faites un miracle !
            • La Sainte Vierge a pleuré. Il faut davantage prier. Le monde ne prie pas assez.                                 
  • Dimanche 31 décembre 14 heures                                                    
            • La petite fille : ma Bonne Mère, quelle prière faut-il faire pour avoir du beau temps ?
            • La Sainte Vierge : réciter le chapelet et chanter des cantiques                                  
  • Lundi 1 janvier 1883          à 10 heures        
            • La petite fille a souhaité la bonne année à la Sainte Vierge.
            • La Sainte vierge lui a présenté une médaille qui est signée : VIVE JESUS, VIVE MARIE !
            • La Sainte Vierge : il faut prier Dieu et réciter le chapelet tous les jours.                                                    
  • Jeudi 4 janvier à 1 et 4 heures du soir                                                        
            • La petite fille : ma Bonne Mère, pourquoi venez- vous ici tous les jours ?
            • La Sainte Vierge : je viens pour dire au monde de prier. Il ne faut pas se lasser de prier. Il faut encore plus prier
            • La petite fille : comment vous appelez-vous ?
            • La Sainte Vierge : je suis la Sainte Vierge                                 
  • Vendredi 5 janvier 13 heures                                                           
            • La petite fille lui a présenté un tableau du sacré cœur.
            • Elle lui en a présenté un bien plus beau.
            • La petite fille lui a présenté une statue de la Sainte Vierge.
            • La Sainte Vierge lui en a présenté une plus belle, toute dorée.
            • La Sainte Vierge dit : c’est la Sainte Vierge.                        
  • Samedi 6 janvier à 11 et 5 heures du soir                                          
            • La petite fille : ma Bonne Mère, faites un miracle !
            • La Sainte Vierge : il faut prier pour la France et pour les pécheurs.
            • La petite fille : ma Bonne Mère, faudrait-il faire amener du monde ici

La page suivante manque. Il est à croire que la réponse de la Sainte Vierge est la même que plus haut : TOUT LE MONDE


Témoignage d’Angèle Lorteau, sœur de la voyante.

On était pauvres : les plus malheureux de la Lande.
On était 5 enfants : Jean, marié à Besson, Célestin, marié à Lincuire, Marie, Camille, marié à la Lande, Angèle, mariée à Rimans. (En Saint- Colomban)
On s’entendait tous. Beaucoup de misère à la maison. On ramassait des prunelles pour manger avec notre pain. On n’était jamais malades, sauf Marie qui n’était pas forte. Plus qu’on est malheureux, plus qu’on s’entend…
Ma mère travaillait jour et nuit. En plus de son travail de la maison, dans les champs ou avec les bêtes, elle filait ou se mettait à coudre jusqu'à minuit. Notre père, un brave homme, pas méchant, mais qui buvait et il mangeait tout l’argent et faisait des dettes qu’on a eu bien de la peine à payer.
Je me souviens de la première fois qu’elle a vue. On était à garder nos troupeaux :
"Oh Angèle, regarde LA GRANDE DAME qui vient par le chemin de la Lande"
Il y avait un genévrier dans le fossé, à la moitié du champ. La Dame s’est arrêtée là. Pris de peu, Camille est parti. Je suis restée, mais je ne vis rien.
Le genévrier a été tout cassé, arraché. La terre emportée. Les gens emportaient la terre à pleines poches.
Après, c’est toujours sous le sapin qu’elle l’a vue.
Quand j’y vais (maintenant), je vais aux "grottes" (sortes de petites boites grillagées, avec une Vierge à l’intérieur et accrochées au sapin) je me suis mise à genoux, là, avec elle !
On allait à l’endroit du sapin. Et, puis, elle marchait. Ma mère ne pouvait pas l’arrêter. Moi, je ne voyais rien.
Ma mère était lassée du monde. Elle la cachait parfois dans le grenier. Ma mère faisait son travail. Marie venait quelquefois 2 fois par jour au lieu des apparitions.
Elle se mettait devant le sapin. A "billouétait" des yeux quand la Sainte Vierge arrivait.
Moi j’étais toujours à sa gauche, Joséphine (celle qui écrivait à sa droite).
" Restait-elle longtemps à genoux ? "
Je ne peux pas le dire. Je ne m’en rappelle pas bien. J’avais cinq ans, vous comprenez.
" Aurait’ elle pu inventer ca ? "
Ah ! Pauvre fille ! Pauvre innocente ! Y en a pas sur la terre qui sont capables d’inventer ca !
Elle disait : " oh ! La voilà ! Oh ! Le Petit Jésus qu’Elle me fait voir"
La Sainte Vierge lui avait donné une rose. Elle l’avait apportée et avait demandé à ma mère une boite pour la mettre. Ma mère lui a donné une boite qui fermait à clé. Le lendemain, elle pleurait. On a dit après (mais je me rappelle pas de çà), que quand elle a revu la Sainte Vierge, la rose était sur ses pieds.
Cà duré à peu près 18 mois ? Ah je sais pas… je peux pas dire. Faut dire que ce qu’on sait. C’est tout.
Le 8 Septembre 1882, il y avait beaucoup de monde. Il y avait 3000 personnes. Il parait qu’à partir de ce jour là, on n’a pas voulu que çà prenne.
Il y a eu des miracles. La mère fillâtre de Geneston et son goitre qui a disparu. Des béquilles laissées sur le fossé.
C’était monsieur Tardivel, le curé de Saint Colombin. Il s’en est pas occupé, a fait pleurer Marie au catéchisme. Elle ne se plaignait jamais.
On est allé chez Monseigneur l’Evêque de Nantes monsieur ….(Marie Lorteau, sa mère et Angèle). Il nous a béni toutes les trois.
Je crois que cette bénédiction m’a aidé toute ma vie….
Monseigneur avait donné à ma mère un beau chapelet de nacre.
Marie avait des coiffes de laine à l’école. Elle se trouvait toujours assez belle. Elle faisait pas attention.
Les gens ont été très méchants. Ils ont dit que mes parents voulaient vendre le champ pour s’enrichir. Ma mère disait à Marie : " ne prend pas un sou ! " On a offert de l’argent à mes parents pour la faire voir. Elle sortait juste pour aller au champ des apparitions.
On a tant dit de choses ! Il y a eu 3 buvettes montées, des marchands de gâteaux. Elle n’en prenait jamais. Moi, j’en ai accepté quelquefois.
Madame Médon, du Marais de Saint Colombin dit qu’elle avait onze ans ; ils habitaient alors à la Goulinière de Bouaine. Elle y venait. Elle disait que lorsque la voyante s’agenouillait, ses genoux n’étaient pas mouillés, ses sabot avaient pas d’eau son cierge ne s’éteignait pas.
A Geneston, ils l’on cru.
On m’a apporté le ivre de Bernadette. J’ai dit : emportez-le ! J’ai vu tout çà… le commencement, c’est pareil…. Mais pas la fin.
On s’est moqué d’elle. Mais jamais chez nous ou on l’aimait beaucoup. Après, elle pouvais pas rester dans le pays. A-t’elle souffert ! Personne a compris !
Elle a jamais voulu parler après, et on n’osait rien lui demander.
Cependant, une personne, mademoiselle B…. qui revenait de la messe avec elle lui dit : " mademoiselle Lorteau, ma sœur a promis de faire mettre une statue à la Lande, parce qu’elle a été exaucée. Mais elle voudrait bien savoir si la Vierge portait l’Enfant Jésus. Et comment le portait-elle ? " Sur le bras droit ou sur le bras gauche ? "
C’était pendant la guerre de 39, alors que Marie était à Rimans, aidant sa sœur Angèle. Marie Lorteau répondit : "mademoiselle, si votre sœur est en peine, il faut qu’elle demande aux prêtres et elle fera ce qu’ils lui diront. "
Elle s’est dévouée tout le temps pour les autres.
Elle avait toujours peur que je manque. Chez nous, l’un aimait le melon, l’autre les harengs, elle en achetait. Mon mari disait à ses enfants "si votre mère mourait avant votre marraine, ne la rendez pas malheureuse".
Elle est restée 4 ou 5  ans, aider sa sœur pendant la guerre de 39
Elle chantait dans les champs : Bonne Marie, Mère chérie…
"Ceux qui souffrent sur la terre, trouveront un puissant secours…"
"Entends notre prière. Tu nous réponds toujours. "
Quand elle allait garder les vaches, dit une jeune fille réfugiée à Rimans pendant la guerre (Annette l.. de Nantes) elle dit qu’elle chantait toujours des cantiques à la vierge.
Elle s’est débrouillée partout là ou personne pouvait rester.
Si elle est pas dans le Paradis ! Marie a vu de la misère tout son saoul !
Monsieur le curé Guilbaud, de Saint-Colombin, m’a dit, à Rimans (au moment ou après la bénédiction de la statue de la Lande en 1955)
"J’ai grand regret de n’avoir pas fait parler votre sœur sur les apparitions. "

Angèle PASQUIER née LORTEAU


Témoignage de Gabrielle Déramé,
belle sœur de Marie Lorteau.

L’année des apparitions de la Lande fut une année si mouillée que les gens n’avaient pas pu semer de blé.
Celle qui écrivait, sa cousine Joséphine Lorteau, qui l’a accompagnée au champ, avait à peu près onze ans, comme la voyante.
    • que pensez-vous de Joséphine Lorteau ?
 " Bonne personne qui fut lingère de son métier. Infirme ; elle était boiteuse. "
Après les évènements de la Lande, qui apparemment, se tournèrent à confusion pour Marie Lorteau, puisqu’il n’y fut pas donné suite, elle ne resta pas à l’école des sœurs : "mes parents, dira Angèle Lorteau sa sœur, n’avaient pas d’argent. Elle a parti à l’école laïque. Elle et sans doute les autres en âge d’y aller". Il faut se replacer dans le climat de l’époque pour bien comprendre que ce fut un drame. "On nous défendait de parler aux autres enfants " dit Angèle et peut-être cette défense était-elle réciproque.
L’école finie, ses parents se hâtèrent de la placer. L’évidence me commandait de l’éloigner de la Lande où  l’on se moquait d’elle.
Elle partit au Breuil, village avant la Lande.
Puis à Pont Rousseau chez madame M ….elle était malade, ne mange pas à sa faim, se levait la nuit prendre un morceau de pain.
Placée ensuite à Geneston, ou on devait lui en parler  et n’est pas restée.
Autre étape à Montbert, chez une personne infirme où elle était très bien.
Ensuite, à Rocheservière, chez madame C……..pas malheureuse, peu d’argent mais bien habillée.
De là, chez madame M……., à Saint Etienne de Corcoué. Une dame pas commode. Elle l’a soignée à la fin de sa vie. Elle allait souvent voir les religieuses de Saint Etienne.
2 ans à Royan, chez monsieur et madame M……. triste vie dans la maison. Monsieur le curé de la Limouzinière écrivit au curé de Royan : "elle  n’aurait rien ; la maison était vendue".
Puis elle se plaça à Nantes, chez madame R……..où personne ne pouvait rester. Elle y resta 12 ans. Madame R…… ne pouvait s’en séparer. Elle lui avait promis une certaine somme à sa mort. Elle dut venir soigner sa sœur Angèle ; on profita de son absence pour la faire déshériter. Sur la somme promise, elle reçut seulement 5000 francs. La famille de cette dame voulut la prendre à son service, mais elle refusa.
Ensuite, elle se gagea chez monsieur F…..entrepreneur, à Nantes où elle était bien. Elle achetait un bon poisson pour lui, un moindre pour elle.
Enfin, elle entra au service de madame D…….de Saint Philbert de Grand Lieu place extrêmement difficile. Elle y fut un certain temps. Il y aurait presque fallu manger son pain sec.
Partout, elle se faisait aimer. Elle répondait jamais. Très bon caractère, très douce, causant peu.
Quand elle l’a pu, elle s’est retirée à Saint Colomban, où elle resta quelques temps. Elle allait souvent à l’église, seule, madame Manson, de Saint Colomban l’aimait beaucoup.
Sa sœur Angèle ayant eu besoin d’elle, elle partit à Rimans pendant la dernière guerre et y resta 5 ou 6 ans. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour soulager sa sœur et la plupart du temps, se trainait.
On l’avait trouvé dans les Landes avec des images dans ses mains, mais jamais elle a parlé des apparitions. Pourquoi ? En avait-elle autrefois reçu la défense ? On ne pouvait pas la remarquer plus qu’une autre : habillée pauvrement, des pièces à son jupon.
Elle disait avoir de grandes douleurs dans les côtes, souvent feu dans le coté "que ca me brule" de très mauvaises jambes.
Figure très calme, pensive.
Très bonne pour ses parents. Elle se serait plutôt mise en quatre !
Un parent de madame D…….vint à Rimans supplier Marie Lorteau, de retourner à Saint Philbert de Grand Lieu, chez sa parente qui ne pouvait trouver personne. Elle promettait à Marie de lui donner une petite maison si elle consentait à la soigner.  Pensant beaucoup plus à sa sœur qui, plus tard, pourrait avoir besoin d’un toit, elle accepta.
Mais la pauvre fille était trop gravement atteinte ; elle y resta cinq ou six semaines, et au matin du 14 juin 1947, on la trouva morte au bas de son lit, baignant dans son sang.
Elle avait 73 ans. Elle avait été "servante" pendant plus de 55 ans.


Témoignage de madame G Rondeau, Nantes le 15 avril 1955

Madame Rondeau, née Lorteau, au village de la Lande, cousine issu de germaine avec Marie Lorteau, plus âgée qu’elle. Au moment des événements de la Lande, elle habitait le village de Bel Air, proche de la Lande.
"Croyez-vous que cette petite ait été capable d’inventer cette affaire là ? "
Non. C’était impossible. C’était une enfant comme beaucoup d’autre, plutôt timide. Je puis affirmer qu’elle était incapable d’inventer.
Quand elles ont dit à la Lande que Marie avait vu une grande Dame, les gens ont pas voulu croire : " vous avez vu une clémène " (gens qui allaient chercher leur pain ou qui voyageaient.)
Pas longtemps après, elle était revenue (au champ des Calleries) les bonnes sœurs de Geneston y étaient avec d’autres petites filles. Moi je n’y étais pas ce jour là, mais ma sœur y était.
Là Marie avait vu la Sainte Vierge, à l’endroit du genévrier qui avait été tout emporté par les gens, jusqu’à la racine. Après ils emportaient de la terre. Ce jour là, une petite fille de Geneston disait avoir vu la Sainte Vierge.
"Est ce que ca a duré longtemps ? "
Ca du commencer vers le mois de juin, à la saison des cerises. On revenait d’en chercher, quand on nous dit au village : "Marie qui voit la Sainte Vierge ! "
Elle avait des yeux magnifiques, même toute vieille, mais elle était timide.
Je demandais à sa mère quelques temps après : "y va-t-elle toujours... au lieu des apparitions "-"oh ! Oui, mais nous on sait rien. Ca se passe avec monsieur le curé. "
Un soir, nous étions au lieu des apparitions, à la saison de la récolte. Des dames lui dirent : "Marie, demande donc à la Sainte Vierge de bénir nos chapelets ? " Elle a répondu : " la Sainte Vierge va vous les bénir" Alors, tout le monde a pris son chapelet. On a perçu une rosée qui tombait. Une personne dit : "il mouille !". Toutes nous regardions en l’air. Il n’y avait pas un nuage. Les étoiles brillaient au firmament. Alors là, on a pensé que c’était vraiment la Sainte Vierge qui bénissait.
Une autre fois, à Bel Air, deux prêtres demandaient l’endroit ou apparaissaient la Sainte Vierge. Ma mère me dit : "cours bien vite ! Tu vas voir ce qui va se passer. "
En arrivant, je vois ces deux prêtres qui ont fait le tour du champ en bénissant avec de l’eau bénite, à l’intérieur et à l’extérieur. Alors on s’est rendu au village. Les prêtres ont demandé la voyante et tous les gens qui étaient là. Alors là, ils ont bénit, exorcisé, la voyante. Ils ont fait des prières. Ils ont dit : " maintenant, mes chers amis, si elle revoit, soyez bien assurés que c’est de la part du bon Dieu et que c’est bien la Sainte Vierge. "
Alors, une heure après, pas plus, elle retourne à l’endroit. Nous y étions tous. Comme on sortait, on chantait des cantiques et on priait. Quand l’apparition est apparue, elle a dit : "la voila ! Oh qu’elle est belle ! "
Elle qui était si timide, jamais elle a pu inventer cà ! La preuve qu’elle se rendait au champ ou qu’elle en retournait, y avait des gens plein la route. On cherchait à l’arrêter, à lui donner de l’argent. Il y avait des marchands de toutes sortes. Elle ne s’arrêtait pas. Jamais elle n’a rien accepté.
On m’a dit que la Sainte Vierge lui aurait donné une rose qui était sur ses pieds. Elle l’a mit dans une boite. Dans la nuit, elle voulut retourner aux Calleries. Ses parents lui dirent : "tu peux être sure qu’on n’ira pas avec toi…" Elle pleura et fut obligée de rester. Le lendemain matin, la rose avait disparu. Elle la revit ensuite sur les pieds de la Sainte Vierge.
Quand elle voyait venir la Sainte Vierge, ses paupières battaient jusqu’au moment ou la Sainte Vierge posait les yeux à terre. A ce moment les yeux de Marie Lorteau) devenaient fixes et regardaient la Sainte Vierge.
Les gens apportaient des statues : Saint Joseph, Saint Michel, etc.…  elle disait : "oh ! Ils sont bien plus beaux dans le ciel ! " Elle les voyait.
Certainement, il y a eu des miracles. La mère fillâtre (Geneston) a une grosse loupe à la tête et un goitre. Elle faisait une neuvaine, en allant vendre son poisson à Bouaine ou à Viellevigne. Une nuit, elle dit à son mari : "tu parles que je souffre ! Allume donc" lui "tu m’embêtes. Tu es toujours comme ca ! Tu verras bien demain matin ! " Le lendemain matin, il y avait plus de traces du mal.
Il y en a eu d’autres, mais j’ai oublié bien des détails, mais c’était pas comme celle-là que tout le monde connaissait.
J’ai vu une autre dame. Il y avait  5 ans qu’elle était sur le lit. Elle nous a dit : " les médecins ne savent pas quoi faire de moi ". Quand j’ai su que la Sainte Vierge apparaissait là, j’ai promis de faire une neuvaine si elle me guérissait. J’ai dit " je me sens bien, je veux me lever, je veux aller à la Lande ". La famille s’y oppose : " il y a 5 ans que tu es pas sortie du lit ; tu ne vas pas pouvoir tenir". Elle a dit : "aller chercher une voiture. Je vais y aller". Là, nous l’avons vue le deuxième jour. Elle nous a dit se trouver très bien. Elle voulait achever sa neuvaine.
Ca certainement duré longtemps. Un an, çà m’étonnerait pas. Elle y venait très souvent.
"Croyez-vous que monsieur le curé Tardivel s’en est occupé ? "
" Je ne pourrais pas dire. "
Quand elle partait aux Calleries, même par grand vent, les cierges des autres s’éteignaient, mais pas le sien.
J’ai vu, un jour, auprès du sapin, qui était planté à ce moment-là (je l’ai toujours connu), j’ai vu auprès de l’apparition, les cierges allumés (bougies) par un très grand vent, et ils ne s’éteignaient pas.
Il y avait des fleurs beaucoup autour du sapin, il y avait des bougies, des statues, un genre de petit autel. On avait planté des plantes vertes.
Quelle était votre opinion sur le caractère de Marie ? Vous aurait-elle semblé menteuse ?
"Oh ! Non !.. Oh ! Dame non !.. Sincère, au contraire. Très patiente aussi. "
Quelqu’un, un homme du Chiron des Landes est venu l’insulter, la traiter de tous noms : voleuse, menteuse, etc…tout ce qui lui est venu à l’idée. Il l’avait rencontré du coté de la Lande.
Le bonhomme, peu après, dans les temps de l’apparition, est tombé malade de la tête. Il est revenu trouver la voyante : " je te demande bien pardon de toutes les méchancetés que je t’ai dites. Mais voudrais-tu, je vais te donner de l’argent, le porter à Mr. le curé, pour me dire des messes"  Marie répondit : " je ne vous en veux pas de m’avoir insultée mais portez-le vous même". Malheureusement, le bonhomme s’est pas dérangé et çà été de mal en pis.
Si vous saviez tout ce que ces pauvres gens (les parents de Marie) ont reçu ! On leur disait que c’était pour avoir de l’argent qu’ils faisaient çà ! On était outré chez nous de toutes les méchancetés qu’on disait contre eux. Des gens très honnêtes.
Il fallait tout entendre…ils disaient rien, les pauvres gens.
Il y a des théologiens de Paris qui sont venu la voir. Répondait’elle à ces prêtres ?  Je peux dire que ce qui les avait le plus étonnés dans cette enfant était ceci :

Quand elle a demandé à l’apparition comment elle s’appelait ? La Sainte Vierge lui a demandé comment, elle, s’appelait. Elle a répondu à la Sainte Vierge : "je suis l’enfant de Dieu". Eux autres ont dit "eh ! bien, nous, on n’aurait pas pensé à çà ! On aurait dit notre nom"
Je trouvais qu’elle était pas ordinaire. Une personne très effacée, très bien, très simple,  ne se recherchant pas.
Très pieuse, mais pas de démonstrations. Très gentille. Un très beau regard. J’ai  jamais vu de si beaux yeux bleus.
Des personnes demandèrent à toucher la Sainte Vierge. Comme on n’était pas nombreuses, la Sainte Vierge a dit : "approchez" Marie disait "oh ! Vous allez chiffer sa robe ! "
Beaucoup de personnes y croyaient. Un gendarme de Saint Philbert de Grand Lieu avait un enfant de malade qui a été guéri. Il aurait dit : " si j’occupais pas la place que j’occupe, je crierais au miracle"
Je certifie avoir dit ce que j’ai vu ou ce que je sais.
              
                                 A Nantes, le 15 Avril 1955
G.rondeau



Témoignage de Mme Déramé, nièce de Marie Lorteau

Besson, Saint Colomban,

J’ai bien connu ma tante. Elle était toujours pensive. Comme si elle vivait avec ses souvenirs. Elle était cependant gaie. Mais on voyait qu’elle avait toujours quelque chose. Partie en service toute jeune, elle a été servante toute sa vie.
Elle est partie de la maison, j’avais 2 ou 3 ans. Je l’ai connue quand elle était à Montbert, à la Chapelle sur Erdre, à Nantes. Elle était cuisinière. Elle donnait une grande partie de ses gages à sa famille.
Quand elle a vu venir la Sainte Vierge dans le chemin de la Lande, elle a dit :  « oh ! Regardez donc la grande dame qui vient par le chemin de la Lande». Son frère Camille, lui, voyait rien. Angèle non plus. Camille est parti.
Quand elle recevait un appel, elle partait, impossible de la retenir. Elle n’était point menteuse, ni orgueilleuse. Même plus tard. On sentait qu’elle avait quelque chose sur le cœur qu’elle ne pouvait pas dire.
Famille pauvre. Le père buvait. On cachait çà tous ensemble et on s’aimait tous. Mon père était très juste. Dans la ferme  "à moitié", il n’aurait pas voulu léser le patron d’un sou.
Si çà n’a pas été reconnu, c’est quand même un lieu de prière. Il y a toujours du monde à prier, depuis le début et maintenant davantage. En aout 1980, il y avait 51 ex-votos.
Après les apparitions, les parents de Marie Lorteau mirent leurs enfants à l’école laïque, non par conviction, mais parce qu’ils n’avaient pas le sou. La mère de Marie Lorteau disait que cette chose-là avait qu’influencer et que probablement, Mr le curé de Saint Colomban, l’abbé Tardivel, en fut mécontent.
La raison de cette affaire fut uniquement la pauvreté.
La mère de Marie était bonne. Mais pas un sou. Elle trainait un vrai chagrin à cause de Marie. Elle a toujours été malheureuse pour çà. Au moment des apparitions, les gens offraient de l’argent aux parents pour voir Marie. Ils n’ont jamais rien accepté, pas plus que Marie qui défendait à son frère Camille et à sa sœur Angèle de ne rien accepter. Quand on la demandait, elle montait au grenier pour se cacher. La maison existe toujours, telle qu’elle était au moment des apparitions.
Elle était en bons termes avec tous les membres de la famille qui l’aimaient bien, tous.  

    Gabrielle Déramé.



Extraits du  " phare de la Loire " du 14 Septembre 1882


Les procès verbaux des apparitions sont faits en double, ce qui montre que quelqu’un a compris la nécessité de prendre des précautions entre les digressions possibles. Qui donc a intérêt à prendre ces précautions ? Mystère. Quoiqu’il en soit, les procès verbaux sont faits en double exemplaire, l’un est rédigé par Joséphine Lorteau, l’autre par le neveu du curé de Saint Colombin. Celui de Joséphine Lorteau est le plus important puisque cette petite fille affirme qu’elle rédige chaque jour ce que sa cousine Marie lui confie. Elle ajoute qu’on lui a recommandé de ne changer rien de ce qui lui est dit.
Le mardi 8 aout, à 6 heures et demi du soir, la vierge demande des prières ; le lendemain à …du matin, l’enfant demande à la Sainte Vierge son nom. Réponse : "je suis la Sainte Vierge " ensuite, porte le papier, elle dit un secret à l’enfant, mais on ne peut pas savoir quel est le secret.
Jeudi 10 aout, à 11 heures et demi du soir, la vierge demande à l’enfant son nom ? Réponse : "je suis l’enfant de Dieu". La Vierge a fait le signe de la croix, la petite le fit en même temps. La petite ajoute : "faites un miracle ! " la Vierge répond : "le bras de mon fils est si lourd que je ne puis le porter ".
Le jeudi 24, à deux reprises, l’enfant demande un miracle. La Vierge répond : " il faut prier Dieu ".
Mêmes demandes et réponses le 27, à 6 heures du soir, le 28 et le 29  à 7 heures du soir.
Le 29, l’enfant demande encore à la Vierge comme elle s’appelle ? : "Je suis la Sainte Vierge".
Le premier septembre à 7 heures du soir, la petite fille demande : " ma Bonne Mère, faites un miracle à ces pauvres affligés. "
Lundi 4 septembre, à 9 heures du matin, l’enfant demande : " venez- vous de la part de Dieu ? "" oui"

Il n’y a qu’une seule contradiction dans la description faite de la Vierge. Les uns disent que sa robe est bleue avec des étoiles blanches, les autres qu’elle est blanche avec de étoiles bleues. Pour le reste on est d’accord.
La Vierge parait toujours avec les avants bras rabattus l’un sur l’autre dans la position d’une femme qui tient un mouchoir. Elle porte une couronne si belle que l’enfant n’a jamais pu expliquer comme elle est faite. On m’avait dit a Nantes que le grand vicaire Mr Heurtin avait du se rendre à la Lande. Personne là-bas ne l’a vu, a moins qu’il ne se soit présenté en qualité de grand vicaire. Jusqu’ici, un seul prêtre a fait son apparition sur le champ des miracles qu’il a béni après cérémonie. Les uns disent que c’est le père Octave, d’autres que c’est un missionnaire, d’autres enfin que c’est l’aumônier des Ursulines de Nantes. Vendredi 3000 personnes étaient accourues en l’honneur de la fête de la nativité et dimanche ou leur nombre à 1100 ou 1200. Aucun prêtre n’a paru, pas plus petit vicaire.



Quelques réflexions :


Un scieur de long vint à Besson, dans le temps ou peu après les événements de la Lande. Il  était accompagné d’une femme de mauvaise vie et doué d’une force herculéenne, qui étonnait, transportant des troncs d’arbres à lui tout seul.
Il aurait dit à Marie Lorteau : "tiens, ma fille, tu dois être heureuse, maintenant que je t’ai changée de compagnie. Tu étais avec Jésus et Marie. Maintenant, je t’ai mise avec les chérubins et les séraphins, comme je suis, moi, et depuis, je suis juste heureux. Je suis allé à Pontmain, je suis arrivé trop tard... mais là, je suis arrivé à l’heure. "

D’un cantonnier : à un prêtre. "Pourquoi vous occupez-vous pas de la Lande ? Je suis pauvre comme Marie Lorteau. Mais vous verrez qu’il y aura quelque chose plus tard ! "
"Quand la grêle a tombé à la Lande, et sur tous les environs, faisant d’énormes dégâts, tout a été abimé, sauf le sapin (ceci peu après la mort de Marie »

Pierre Lorteau de la Lande était à la chasse avec des camarades. Son fusil se déchargea sur lui en passant un talus. Il fut blessé au poumon. Sang jaillissant à chaque respiration. Les femmes de la Lande partirent prier au pied du sapin. Opéré à Nantes, il s’est remis assez vite à travailler. Mr le curé de Saint Colomban a relaté ce fait à la fête du 27 février 1955.



Notre Dame du Rosaire.

Bénédiction de la statue : 1500 pèlerins au village de la Lande, en Saint Colomban (Loire atlantique)
 
Une foule nombreuse de pèlerins venus de Saint Colomban, la Limouzinière, saint Philbert  de Grand lieu, Saint Philbert de Bouaine et autres communes de Vendée, se pressait dimanche après midi ( 27 février 1955) , à 15 heures, au petit village de la Lande, sis à 6 kilomètres de Saint Colomban, pour la Bénédiction d’une statue de Notre Dame du Rosaire.
D’après les témoignages d’anciens du pays, une apparition de la Vierge aurait eu lieu en cet endroit en 1882 et même des guérisons spontanées auraient été obtenues. Des pèlerins étrangers à la région y viennent chaque année.
Parmi les personnalités présentes, nous avons reconnu Mr l’abbé Guilbaud, curé de Saint Colomban, le R.père Aumaitre des missionnaires de l’immaculée, l’abbé Dufresne, curé de Geneston, le R.P.Visonneau, des iles Dominique. M.M... De la Robrie, maire et conseiller général de Saint Philbert de Grand lieu, Gaudet, maire de Geneston, Hastings, maire de Saint Philbert de Bouaine, etc…
Le R.Père Aumaitre prononça un sermon après la bénédiction de la statue par Mr l’abbé Guilbaud : "et la Sainte Vierge était là…. Et la Sainte Vierge est là ! "
Rarement une telle foule s’était pressée en ce petit village de la Lande.

                                                    La résistance de l’ouest, 27 février 1955



Et ce fut le silence…


Après les années 1882 et la moitié de 1883, le silence enveloppa la Lande. Des terrains avaient été achetés par des gens de Nantes, même de Paris (Melle Marie Garreau de Geneston, dit que ces terrains furent revendus par les acquéreurs quelques années après)
Cependant la piété populaire continuait autour du sapin. On y allait s’agenouiller, prier, dire un chapelet, porter des fleurs, des bougies, des statuettes de la Vierge. Un petit courant de prière a toujours existé au lieu des évènements de la Lande depuis 1882.

Vint la guerre de 1939 qui déversa dans l’Ouest de la France un flot de réfugiés du Nord et de l’Est.
C’est ainsi qu’une famille d’Amiens dont les employés connaissaient la région et la personne qui pouvait les aider dans la recherche d’une maison, s’installèrent pour la durée des hostilités dans une propriété située au village de Besson, en Saint Colomban.
Aux jours d’angoisse ou l’on se bousculait pour franchir la Loire et fuir l’avance des Allemands, l’amie de Mme Péchon accompagna chez elle un parent médecin qui, lui aussi, fuyait. Mme Péchon reconduisit son amie, et cherchant à éviter les grandes routes, se trompant de chemin elles arrivèrent, par deux fois, à l’endroit du "sapin". L’amie dit alors : "il parait que la Sainte Vierge est apparue ici à une petite fille. Ca va si mal ; si nous descendions prier. "
Mme Péchon était sans nouvelles de son mari, commandant la première région sanitaire, sans nouvelle de son fils, à l’école de cavalerie de Saumur. L’amie ajouta: "si la Sainte Vierge est venue ici, elle y est bien peu honorée. Si elle vous rend votre mari et votre fils, ne pourriez-vous promettre de mettre ici une statue ?je le promets "
Trois ou quatre jours après, elle apprend que son mari est arrivé à Vertou, à la propriété du Coin, avec les officiers du corps sanitaire. Heureuse, elle passe prendre son amie, va à Vertou, ramène son mari à Besson. Les allemands n’étaient pas encore entrés dans Nantes. Mr Péchon demeura à Besson pendant tout l’occupation sans être inquiété. Quand à son fils, après avoir combattu au Pont de Gennes, il fut fait prisonnier avec les survivants. Les allemands ayant admiré l’héroïsme de cette dernière résistance Française, les libérèrent  les semaines qui suivirent.
Disons aussi qu’après sa prière à la Lande, Mme Péchon parla avec les gens de Besson qui lui dirent ; "ah !  Madame, on sait bien ce qu’il en est. Cette petite fille qui aurait vu la Sainte Vierge, c’est notre tante et on a tous les papiers chez nous.. ! " C’est ainsi que l’amie qui avait conduit à Besson cette famille, put recopier les notes de ce qui restait du "cahier des apparitions», qu’elle remit ensuite à la famille Lorteau.
La famille Péchon regagna Amiens après la guerre.
L’affaire en était restée là, quand en 1954, Mme de la Robrie qui très souvent allait prier à la Lande et qui, elle, avait perdu son fils unique sur le front de Saint-Nazaire vint trouver l’amie de Mme Péchon : "cette dame n’avait-elle pas promise de mettre une statue à la lande ? " - "oui. Je vais lui rappeler".


27 Février 1995

Madame de la Robrie fit les démarches nécessaires auprès de Monsieur le curé de Saint Colomban, Mr l’abbé Guilbaud et auprès du propriétaire du champ, Mr Lorteau. Accord complet. Mme Péchon envoya une somme de 30000 francs. Le statutaire d’Angers demandait 60000 francs ; la différence fut rapidement comblée.
Mr le curé de Saint Colomban et le père Aumaitre, missionnaire de l’immaculée de Nantes fixèrent la date d’érection de la statue au 27 Février 1955. le père Aumaitre, libre à cette date,  se proposa d’y venir prêcher.
Tout le village de la Lande fut dans une grande joie ; on confectionna des milliers de roses ; arc de triomphe, etc... pour embellir le parcours. La famille Bonnet de Geneston réalisa un arc de triomphe en bois léger au dessus de la belle statue de la Vierge portant l’enfant Jésus, avec pour piédestal des meules de granit données par le village.
Sans publicité aucune, des foules s’assemblèrent pour glorifier la Vierge Marie dans une longue procession, priante et chantante depuis la lande jusqu’au champ des calleries. Mr l’abbé Guilbaud, curé, bénit la statue et le Père Aumaitre commença son homélie par ces paroles ; «  et la Vierge Marie était là…et la Vierge Marie est là. »
En cette après midi froide et ensoleillée du 27 Février 1955, tous étaient dans une grande joie, et plus encore peut-être, la pauvre petite sœur de Marie, Angèle et son frère Camille qui assistaient à la fête.


Depuis, un courant de prière plus important s’est établi autour de Notre Dame du Rosaire de la Lande. On y vient réciter le chapelet, prier ensemble. Des fleurs fraiches sont entretenues, des bougies déposées ; 51 ex-votos sont fixés à l’arrière de la statue. Des bancs ont été placés de chaque coté. Marie est là, dans la grande paix des champs, entourée des chants d’oiseaux. En mai et en octobre, avec leurs prêtres, les gens viennent y prier.



C’est l’année du centenaire 1882 – 1982

Fallait-il que les faits de la Lande que l’on connaît peu ou mal sombrent dans l’oubli ? Un enchainement de faits que l’on appellera coïncidences, hasard ou Providence car il faut dire aussi que le cahier des apparitions fut demandé à Besson et donné et porté aux archives mariales de Banneux, en Belgique, puis en fut retiré par la même personne qui le donna à une autre. Et cette autre de manière inattendue vint la porter à celle qui écrit ces lignes, ceci en 1881.
Ces lignes ont été écrites pour faire connaître les événements de la Lande mais sans préjuger aucunement de leur authenticité. La Sainte Eglise étant seule juge en ce domaine.
Ce sont des faits d’histoire. Et les lieux de prière à la Vierge méritent d’être connus.
« si la Vierge Marie ne venait pas sur notre terre, pour continuer à y écraser la tête du serpent, notre terre serait absolument inhabitable » R.Mère E.
Puissent ces pages glorifier celui qui a dit dans le message de la Lande : » Je suis Dieu et je juge » et glorifier sa mère, Mère de Dieu.
A partir de ces ligne, d’autres chercheront, et beaucoup mieux.
Je les dédie surtout à une jeunesse généreuse, qui cherche une Mère qu’elle connait mal.


Textes recopiés dans leur intégralité par Jean Bertin le 5 décembre 2008.
(Téléchargeables sur le site : www.laviergedelalande.fr.nf )



Notre Dame du Rosaire de la Lande  le 27 Février 1955
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